Réunis à Maputo les 8 et 9 juin 2016, la communauté PhytoTradeAfrica, l’AFD, le FFEM et le ministère de l’environnement mozambicain, ont officiellement renouvelé leur engagement pour promouvoir l’initiative PhytotradeAfrica comme un modèle de création d’emplois et de conservation de la nature au niveau régional.

Véronique Rossow, directrice recherche et développement de la plateforme, a répondu à nos questions lors de son passage à Paris.

Véronique Rossow, Directrice Recherche & Développement, PhytoTrade Africa

Depuis fin 2013, Véronique Rossow est en charge des programmes de R&D au sein de PhytoTrade Africa. Responsable de l’élaboration et de l’exécution des stratégies « ingrédients et filières » cosmétiques et alimentaires, elle fonde son action sur deux  piliers majeurs : réappropriation du savoir au niveau des producteurs en lien direct avec les communautés collectrices, et structuration de filières résilientes sur les marchés internationaux. V. Rossow est biochimiste, et possède un diplôme d’ingénieur Corps Gras. Avec plus de 15 ans d’expérience technico-réglementaire dans l’industrie des ingrédients, et avant de rejoindre l’équipe PhytoTrade Africa, elle a établi et géré des laboratoires R&D en Europe et aux Etats-Unis, au sein desquels elle a mis au point plus de 50 nouveaux ingrédients.

Pouvez-vous nous expliquer le fonctionnement de PhytoTradeAfrica ?

PhytoTrade Africa est une association à but non lucratif, crée en 2001, qui travaille dans 8 pays d’Afrique Australe. Au travers de ses adhérents, son objectif principal est de soutenir des filières issues de la biodiversité locale en ajoutant autant de valeur que possible localement, afin de créer une véritable dynamique de développement. Toutes les PME qui rejoignent PhytoTrade s’engagent sur une charte commune dans laquelle sont regroupés plusieurs principes de bonnes pratiques, alliant gestion pérenne des ressources naturelles et relations à long terme avec les organisations de collecteurs.

Quels rapports la plafeforme PhytoTrade Africa entretient-elle avec les producteurs et leurs filières ?

Les producteurs et les PME qu’ils forment nous rejoignent car ils cherchent dans la plupart des cas un soutien pour mettre leurs produits en conformité avec les standards internationaux, ainsi que de l’aide pour accéder aux marchés européens, américains ou même asiatiques.

Notre appui  multi-disciplinaire et multi-partenaires nous permet ainsi  d’accompagner chaque filière, depuis sa création jusqu’à la mise sur les marchés des ingrédients issus des ressources naturelles. On intervient aussi bien dans l’élaboration de plan de gestion des ressources, que dans la constitution de dossiers techniques et réglementaires de mise sur les marchés des produits transformés localement.

Que représente PhytoTrade aujourd’hui ?

Aujourd’hui nous avons environ 70  PME adhérentes, réparties dans 8 pays, et qui produisent des ingrédients destinés principalement aux industries cosmétiques et agro-alimentaires locales et internationales. C’est notamment dans ce cadre que  deux filières phares de Phytotrade (huile de Marula et poudre de Baobab) ont pu être présentées au salon de l’Agriculture.

La plupart de nos filières porte sur la valorisation de produits forestiers non ligneux. Nous en soutenons une dizaine, qui répondent toutes aux principes de BioTrade tels que définis par la conférence des nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED). Avec l’entrée en vigueur récente du Protocole de Nagoya, et étant impliqués de facto dans les obligations légales qui en découlent, nous soutenons activement la mise en place de lois pragmatiques et aussi simples que possible, tout en nous assurant d’une prise en compte effective des intérêts des pays fournisseurs.