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A bord de la goélette Tara
Cockpit goélette Tara
Ministre recherche F.Vidal
Après deux ans et demi de navigation dans l’océan Pacifique, où se concentrent plus de 40 % des récifs coralliens de la planète, la goélette Tara est de retour. Initiée par la Fondation Tara, l’expédition Tara Pacific a exploré avec une approche nouvelle et sur une échelle géographique sans précédent, l’impact des pressions anthropiques sur les récifs coralliens du Pacifique.

De retour avec plus de 36 000 échantillons, les scientifiques poursuivent désormais leurs analyses afin de mieux comprendre le corail dans son intimité et de déterminer ses capacités d’adaptation aux changements climatiques et environnementaux. Du canal de Panama au Japon (2016-2017), puis de la Nouvelle-Zélande à la Chine (2017-2018), Tara a effectué ces prélèvements dans 32 sites coralliens. Il s’agit de la plus vaste campagne scientifique consacrée à cet écosystème. La goélette a parcouru 100 000 km et fait escale dans une trentaine de pays.

Climat global et pollutions locales : un cocktail délétère

C’est un véritable patchwork corallien résultant de perturbations diverses que les chercheurs ont sillonné. La santé des récifs coralliens observés s’avère très contrastée. Ils répondent différemment aux stress globaux et locaux. A l’ouest de l’île de Pâques, les scientifiques ont observé les premiers récifs impactés par le réchauffement climatique. Un blanchissement qui a atteint 30 à 50 % dans certaines îles des Tuamotu en Polynésie, voire 90 % aux îles Samoa dans le Sud Pacifique. En Micronésie, aux îles Tuvalu et Kiribati, une partie des récifs étaient déjà morts avant l’arrivée de la goélette, tandis que les récifs de Wallis et Futuna ou des Îles Chesterfield restaient relativement préservés.
Tara Pacific offre ainsi l’opportunité unique de dissocier les effets des perturbations locales (pollutions, urbanisation, sédimentation due à l’érosion des sols, techniques de pêche invasives…) de l’incidence des changements globaux (réchauffement climatique global, acidification de l’océan…) et de mesurer l’état de santé de populations coralliennes soumises à ces deux types de perturbations. Un premier constat qui renforce l’importance du développement local durable pour la santé de ces écosystèmes, rappelant ainsi que le changement climatique global ne doit pas empêcher la mise en place de pratiques et de politiques publiques durables ambitieuses.

Des données inédites

Dans le sillage de l’expédition Tara Oceans (2009-2013), Tara Pacific offrira, grâce aux mêmes méthodes de séquençage, de stockage de données et d’analyses bioinformatiques, la possibilité de décrire les microorganismes des récifs coralliens et leurs interactions encore inconnues. Elle mettra à disposition de la communauté scientifique internationale une base de données inédite sur les récifs coralliens, permettant de dévoiler la biodiversité d’un récif, à la fois génomique, génétique, virale et bactérienne. Autre caractère spécifique de cette expédition : son approche multidisciplinaire, associant biologistes coralliens, généticiens, océanographes, spécialistes du plancton et des poissons de récifs, bio-informaticiens et même médecins.

Donner le temps aux récifs de se reconstruire pour affronter les stress successifs

Ces premières constatations appellent à la mise en œuvre urgente d’actions locales pour atténuer les stress directs subis par les récifs, sans oublier l’urgence de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Prolifération des déchets plastiques, tourisme non durable dans les lagons, effluents de l’agriculture et de l’élevage ou encore grandes infrastructures côtières, tous ces facteurs aggravent la situation.  Une prise en compte renforcée des impacts environnementaux par des projets de développement durable dans les pays du Sud, notamment les Etats insulaires, est fondamentale.

6 actions locales immédiates

  • Améliorer la gestion des déchets, notamment plastiques
  • Limiter l’impact de l’agriculture, de l’élevage et de leurs effluent
  • Limiter la déforestation pour stabiliser les sols et éviter ainsi le recouvrement des récifs par les sédiments
  • Interdire ou limiter les méthodes de pêche les plus destructrices
  • Prendre en compte en tout premier lieu le critère environnemental dans le développement de grandes infrastructures côtières, telles que digues, ports industriels, etc.
  • Impliquer et sensibiliser les populations locales pour qu’elles préservent leur propre environnement

Autant d’actions concrètes que le FFEM participe déjà à mettre en œuvre à travers les projets qu’il soutient. Notamment, en coopération avec Tara Expéditions, sur le projet « Plancton océanique, climat et développement ». En prenant appui sur les résultats de l’expédition Tara Oceans, ce projet vise à promouvoir une démarche de coopération internationale à travers un projet de recherche scientifique sur le plancton.