Le Fonds Français pour l’Environnement Mondial a présenté mardi 17 novembre 2009 les résultats de l’étude de capitalisation des projets d’aires marines protégées et de conservation de la biodiversité marine.
Cette étude, réalisée par un groupe de consultants du bureau Oréade Brèche, dont Catherine Gabrié et Thierry Clément, a été financée par le FFEM et l’AFD.
Lucien Chabason a insisté sur l’opportunité de ce travail de synthèse et de capitalisation des enseignements retirés des projets d’Aires Marines Protégées (AMP) et de conservation de la biodiversité marine cofinancés par le FFEM.
Les principaux résultats de l’étude ont été présentés par Thierry Clément.
Débat
Quelques échanges avec la salle ont précisé que la phase la plus critique pour l'AMP est souvent la seconde phase pionnière, même s’il est étonnant de constater que le FFEM reçoit peu de propositions de projets visant à appuyer les phases d’autonomisation d’AMP et beaucoup plus de sollicitations pour des projets de création d’AMP (phase préliminaire).
Il a été suggéré également d’utiliser ces représentations graphiques pour évaluer la part des progrès réalisés avec l’appui de bailleurs de fonds (avant et après appui du FFEM par exemple).
L’analyse des coûts unitaires des AMP a également soulevé plusieurs réflexions méthodologiques, notamment concernant la distinction des coûts de création et de fonctionnement ainsi que les risques liés à l’usage d’indicateurs de coûts/km2 ou /ha non pondérés (unité de protection, difficultés d’accès, etc).
Enfin plusieurs intervenants ont suggéré de valoriser et de diffuser largement ce travail d’analyse dans les années qui viennent (étude en cours à Mayotte par l’agence des Aires Marines Protégées, prochaine conférence mondiale sur les océans qui se tiendra en mai 2010 au siège de l'Unesco à Paris).
Débat
Un second temps de débat a porté sur le constat du faible nombre de projets de gestion intégrée des zones côtières et marines ayant véritablement dépassé le stade des études pour réaliser des actions significatives de terrain.
En matière de gestion des activités économiques intervenant dans les AMP, les débats ont insisté sur l’importance d’évaluer les groupes sociaux négativement affectés par l’établissement d’AMP, l’importance pour les opérateurs de projets de reconnaître qu’ils n’ont pas forcément toutes les compétences pour mener le développement d’une AMP tout au long des trois phases identifiées ce qui implique qu’ils doivent parfois s’attacher les services d’experts externes.
La question du financement pérenne des Aires Marines Protégées au-delà des seuls revenus du tourisme et les besoins d’actions à l’échelle de corridors écologiques ou d’écorégions marines a permis d’évoquer les innovations financières en cours, notamment dans le cadre de la mise en place du fonds fiduciaire « MAR Fund » dans la région Méso-amérique.
Enfin, l’étude n’a pas véritablement essayé d’analyser les effets possibles du changement climatique sur les projets d’aires marines protégées. Il a juste était mentionné que seul le projet régional pour les récifs coralliens du Pacifique a engagé des travaux de restauration de récifs.
En clôture du séminaire, Lucien Chabason a remercié tous les participants pour leur contribution au débat et en félicitant le FFEM pour la qualité de ce travail de capitalisation dont il a noté la grande honnêteté, puisqu’il ne se contente pas de faire le bilan des succès mais également de pointer certains problèmes insuffisamment traités et les axes de progrès pour les interventions du FFEM. Il recommande donc que cette étude soit largement diffusée et présentée dans les années qui viennent auprès des acteurs internationaux de la protection de l‘environnement marin.
La version définitive de l'étude sera prochainement disponible en version française et anglaise, directement accessible à partir du site du FFEM.
Programme du séminaire
Allocution de Marc-Antoine Martin
Présentation de Thierry Clément
Synthèse des principaux résultats de l’étude
Institutions partenaires de l'événement

