Mai 2010, Conférence Océans à l'Unesco

Mai 2010, Conférence Océans à l'Unesco

Le FFEM à la Conférence Mondiale des Océans 2010

La Cinquième Conférence Mondiale des Océans s’est tenue à l'UNESCO à Paris du 3 au 7 mai, dans le cadre du 50ème anniversaire de la Commission océanographique intergouvernementale et de la célébration de l’Année internationale de la Biodiversité, 2010.

 

2010, une étape charnière pour le développement durable

2010 est l’année au cours de laquelle les Nations devront montrer comment elles ont atteint les objectifs internationaux fixés par les chefs d’Etats du monde lors du Sommet Mondial sur le Développement durable de 2002. Ces objectifs concernent en particulier le développement d’approches intégrées et basées sur les écosystèmes au sein de la gouvernance des océans et des côtes, et également la nécessité de mettre fin à la perte de biodiversité avant 2010.

La Conférence a traité de sujets sur lesquels le FFEM est particulièrement impliqué

  • Etudier l’influence du changement climatique sur les océans

Les enjeux climatiques ont été examinés sous l’angle de l’atténuation, de l’adaptation et du financement au sein du régime climatique d’après Copenhague. La montée du niveau de la mer et la fragilisation des écosystèmes marins font peser un risque côtier particulièrement important pour les petits Etats insulaires en développement (PEID) et pour les pays en  développement, menacent la sécurité alimentaire, la santé humaine, l’industrie de la pêche et le tourisme, et font craindre des délocalisations massives de populations.

Le 6 mai, Chantal Jouanno, Secrétaire d’Etat chargée de l’écologie,  a ouvert le segment politique de la conférence.

L’action dynamique et pertinente du FFEM dans l’anticipation et l’étude des risques liés au changement climatique a été valorisée lors de son discours.

Monique Barbut, Présidente et directrice générale du Fonds pour l’Environnement mondial (FEM), a souligné le rôle majeur et mal connu des « forêts bleues » pour la séquestration du carbone atmosphérique. Ces forêts bleues couvrent un ensemble de plantes vascularisées sous-marines, situées sur les littoraux et pouvant absorber de grandes quantités de carbone atmosphérique.

Par ailleurs, l’expérience de protection de la mangrove avec les communautés locales du Sénégal et l'ONG Océanium, cofinancée par le FFEM, a été évoquée par Bernard Giraud, Vice-président du Développement durable chez Danone, lors de la séance plénière sur le thème "Planification stratégique pour les activités d'atténuation des changements climatiques". Cette intervention a montré l’implication possible du secteur privé dans les processus de conservation. 

Marc-Antoine Martin, Secrétaire général du FFEM, a présenté la stratégie du FFEM relative aux océans, aux zones côtières et aux PEID lors de la séance plénière "Stratégies de mise en œuvre et de financement de l'adaptation aux impacts des changements climatiques sur les océans, les communautés locales et les PEID."

Le prince Albert II de Monaco a conclu le symposium en regrettant la faible mobilisation des contemporains sur les questions de l’acidification et de la surexploitation des ressources halieutiques des océans. Il a également insisté sur les questions institutionnelles et cité en exemple le sanctuaire méditerranéen des mammifères marins Pelagos, impliquant Monaco, l’Italie et la France.

  • Préserver la biodiversité marine : aménager des Aires Marines Protégées

Parmi les recommandations de la Conférence, la question des Aires Marines Protégées (AMP) a été particulièrement saillante puisque seulement 4% des zones littorales et 1% des zones marines sont sous statut protégé alors que les gouvernements se sont engagés dans le cadre de la Convention sur la Diversité Biologique à atteindre un taux de 10% pour 2012. De même, lors du Sommet Mondial sur le Développement durable en 2002, l'objectif était de réduire de 10% le taux de perte de biodiversité d'ici 2010, et aujourd’hui, cette réduction plafonne à 6,5%.

Depuis 1994, le FFEM finance de nombreux programmes de protection de la biodiversité marine et de mise en place d’AMP. Il a contribué à la protection de plus de 70 AMP dans le monde, couvrant plus de 8 000 km². Ses activités se déclinent à la fois à l’échelle régionale (par exemple le projet CRISP en Pacifique Sud), nationale (le projet de cartographie des Maldives) et locale (le Programme Petites Initiatives, qui contient dix projets locaux autour des AMP).

Son activité a ainsi été mise en avant à deux reprises dans le symposium "politique, science et technique", notamment par Anne-Sophie Cerisola, représentante du MAEE, qui a salué le « rôle innovant et démonstrateur du FFEM en matière de biodiversité marine » et par Catherine Gabrié, consultante, qui a présenté l’étude de capitalisation des expériences cofinancées par le FFEM en matière d’AMP. En savoir plus

  • Améliorer la gouvernance internationale des océans

La Conférence a approfondi les discussions sur la mise en place d’une gestion des océans et côtes intégrée et basée sur les écosystèmes aux niveaux national et régional et dans les Aires Hors Juridiction Nationale.

Dans cette perspective et dans un contexte de connaissances insuffisantes sur le milieu marin, l’importance de l’observation scientifique des océans a été rappelée. Plusieurs initiatives ont toutefois déjà été lancées, comme le projet de cartographie des Maldives ou encore l’expédition de recherche TARA, qui vise à étudier les fonds marins et la séquestration du carbone par les planctons. A terme, il s’agit d’évaluer précisément le rapport entre le taux d’acidification des océans (due au stockage croissant de carbone) et le taux de séquestration du CO2 par les écosystèmes marins afin d’anticiper les risques liés à l’augmentation du rejet de carbone dans les océans.

Les actions conduites en France et en Europe sur le thème de la mer  ont été présentées par les parlementaires français, dont Corinne Lepage députée européenne, ancienne ministre en charge de l’écologie et Jérôme Bignon, député président du Conservatoire du Littoral et de l’agence nationale des Aires marines protégées.

La Conférence a été clôturée par le Ministre des Affaires étrangères et européennes, Bernard Kouchner.