Les 185 pays réunis pour l’Assemblée du GEF adoptent 2 décisions clés pour la préservation de la biodiversité sur l’ensemble de la planète

publié le 31 Août 2023
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FFEM-GEF
Des représentants de 185 pays se sont réunis, du 22 au 26 août, à Vancouver, au Canada, dans le cadre de la septième Assemblée du Fonds pour l’Environnement Mondial (Global Environment Facility, GEF). Marquant un événement d’une portée mondiale, cette assemblée offre une tribune pour faire le point sur les objectifs à l’horizon 2030 visant à mettre fin à la pollution et à la perte de biodiversité, à lutter contre le changement climatique et à promouvoir une conservation inclusive et dirigée localement.
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L’Assemblée du GEF, est un événement majeur qui réunit tous les quatre ans les 185 pays membres pour examiner les progrès réalisés, discuter des politiques, coordonner les actions et définir les priorités en matière de financement environnemental. Elle incarne également un symbole puissant d’unité mondiale, rassemblant les gouvernements, la société civile, le secteur privé et les communautés locales.

Alors que les températures record, les feux de forêts incontrôlables, les inondations et les indicateurs alarmants de perte de biodiversité ne cessent de s’accumuler, la 7ème Assemblée du GEF qui s’est tenue à Vancouver, du 22 au 26 août, revêt une signification encore plus profonde en mettant l’accent sur les problématiques environnementales actuelles. Son objectif était de lancer officiellement un fond pour le nouveau cadre mondial de la biodiversité (Global Biodiversity Framework Fund, en anglais). Cette initiative a été réalisée en ratifiant les décisions issues de la COP15 de décembre 2022 à Montréal, des décisions qui ont été négociées avec succès lors de la réunion à Brasilia en juin 2023. Le Global Biodiversity Framework Fund vise à soutenir et à accélérer les actions pour la préservation et l’utilisation durable de l’environnement, avec un soutien particulier aux communautés autochtones en reconnaissance de leur rôle crucial dans la conservation de la biodiversité. Géré par le GEF, ce fonds s’inscrit dans un contexte où le GEF s’apprête à élargir son mandat pour devenir une partie intégrante du mécanisme financier soutenant le traité historique sur la conservation et l’utilisation durable de la biodiversité marine des zones ne relevant pas de la juridiction nationale, connu sous l’acronyme anglais BBNJ ou traité sur la haute mer.

Ce rôle de financement du Cadre Mondial pour la Biodiversité et du BBNJ élargira la portée d’action du GEF au-delà de sa mission de soutien à l’action internationale en matière de changement climatique, de dégradation des terres, de produits chimiques toxiques et de mercure. Fondé en 1991, le GEF est un fonds de grande ampleur destiné à lutter contre la perte de biodiversité, les changements climatiques, la pollution et les pressions exercées sur la santé des terres et des océans. Ses dons, ses financements mixtes et son appui stratégique aident les pays en développement à répondre à leurs priorités environnementales les plus pressantes et à se conformer aux conventions internationales sur l’environnement. Au cours des 30 dernières années, le GEF a fourni plus de 22 milliards d’USD et mobilisé 120 milliards d’USD de cofinancement à l’appui de plus de 5 000 projets menés à l’échelle nationale ou régionale.

La 7ème Assemblée du GEF a mis en lumière l’engagement de la France dans les efforts mondiaux pour la préservation de l'environnement. En tant que signataire du nouveau Cadre Mondial de la Biodiversité, la France se positionne avec force dans cette dynamique internationale grâce au Fonds Français pour l’Environnement Mondial (FFEM). Ce dernier apporte son expertise et son soutien à des projets innovants en faveur du développement durable dans les pays en développement. En contribuant aux objectifs des conventions internationales pour l’environnement, le FFEM renforce la voix de la France dans les discussions internationales sur la protection de l’environnement.

Stéphanie Bouziges-Eschmann, secrétaire générale du Fonds français pour l'environnement mondial (FFEM), dirigeait la délégation française à Vancouver, accompagnée de représentants du ministère de l'Économie et du ministère des Affaires étrangères.

comment le FFEM s’inspire-il du GEF ?

Le caractère pilote et l’ancrage local des projets soutenus par le FFEM qui se fondent sur des composantes de terrain permettent de compléter les approches plus larges des projets et programmes soutenus par le GEF qui abordent la dimension des politiques publiques et de leur cohérence. Le FFEM et le GEF sont ainsi grandement complémentaires pour accompagner le passage à l’échelle des solutions innovantes pour la préservation de l’environnement.

L’alliance entre le FFEM et le GEF repose sur une compréhension mutuelle des enjeux environnementaux et sur une vision partagée de l’importance cruciale de préserver la planète et ses habitants par des approches intégrées répondant de manière croisée à l’ensemble des problématiques environnementales. Les ressources investies par le FFEM et le GEF conjointement ont pris diverses formes, incluant le renforcement des systèmes nationaux d’aires protégées à Madagascar et en Uruguay, l’amplification des compétences nationales pour la surveillance forestière en Afrique Centrale et en Afrique de l’Ouest, la mise en place d’un fonds fiduciaire de soutien aux aires protégées en Guinée Bissau ou en Méditerranée, la promotion de l’agroécologie en zone sèche ou encore la lutte contre le déchets plastiques au Guatemala et les déchets électriques et électroniques au Cameroun.

Cette collaboration entre les deux structures, initiée dès la création du FFEM, a permis de financer et de mettre en œuvre plus de 60 projets novateurs à travers le monde, dépassant la simple contribution financière pour s’appuyer sur une complémentarité d'expertise et de niveaux d’action. En conjuguant leurs efforts, le FFEM et le GEF peuvent accompagner ensemble une théorie du changement pour répondre aux problématiques environnementales complexes. Au sein des projets du FEM, le FFEM peut apporter sa constellation d’acteurs clés, regroupant des experts, des organisations non gouvernementales et des institutions de recherche. De surcroît, le FFEM peut faciliter la synergie des investissements avec l’AFD.

Les visions du GEF et du FFEM sont très alignées car les deux organisations partagent des objectifs communs dans de nombreux domaines et zones géographiques. Les possibilités de coopération sont donc multiples et comportent un potentiel important d’accroissement de l’impact que le GEF et le FFEM peuvent avoir séparément avec leurs ressources respectives. Mais cette coopération n'est pas seulement une question d’additionnalité des fonds. C’est aussi et surtout une question de complémentarité

, indique le Dr Claude Gascon, directeur des programmes au GEF.

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