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Le Forum régional Marin et Côtier 2026 : la santé des océans au cœur des solutions d’avenir
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Face à l’urgence climatique et à la dégradation des écosystèmes marins, l’Afrique de l’Ouest se mobilise. Du 27 au 30 avril 2026 à Nouakchott en Mauritanie, le Partenariat Régional pour la Conservation des zones côtières et Marines (PRCM) organise la 12ᵉ édition du Forum régional Marin et Côtier (FOMACO), autour du thème : « La santé des océans, levier d’une économie bleue durable et inclusive ».
Rendez-vous incontournable de la région, le forum réunira plus de 500 participants, 200 organisations, une cinquantaine de médias et près de 100 événements parallèles. Gouvernements, scientifiques, société civile, secteur privé et bailleurs y échangeront pour renforcer les coopérations en faveur des écosystèmes marins et côtiers.
Des écosystèmes essentiels sous pression
Les écosystèmes marins et côtiers d’Afrique de l’Ouest, parmi les plus riches au monde, sont au cœur de la sécurité alimentaire, de l’emploi et du développement économique. Le long du littoral atlantique, où se concentrent les grandes villes, des dizaines de millions de personnes dépendent directement ou indirectement de ces ressources.
Mais cet espace vital est aujourd’hui fragilisé par de multiples pressions : surexploitation des ressources, pollution, dégradation des habitats, érosion côtière, montée des eaux et impacts du changement climatique. Cette dégradation progressive de la santé des océans menace à la fois les équilibres écologiques, les économies nationales et la stabilité des communautés côtières.
Partenaire du PRCM, le FFEM sera pleinement mobilisé pour partager son expérience et promouvoir des solutions concrètes, portées par les acteurs locaux.
PRCM : une plateforme clé pour l’Afrique de l’Ouest
Créé en 2003, le PRCM répond à un besoin de coordination des initiatives en Afrique de l’Ouest.
Devenu en 2012 une véritable plateforme de partenariat, il joue aujourd’hui un rôle structurant dans le dialogue entre acteurs et l’élaboration des politiques littorales à l’échelle régionale.
Le partenariat avec le FFEM est essentiel pour le PRCM. Il repose sur une confiance construite dans la durée, qui nous permet d’aller au-delà de la réflexion stratégique pour déployer des actions concrètes sur le terrain. Grâce à cet appui, nous accompagnons durablement les communautés côtières face aux défis environnementaux, en renforçant leur résilience et en valorisant des solutions locales adaptées.
Un partenariat au service de la résilience des littoraux
Le partenariat entre le FFEM et le PRCM s’inscrit dans une vision de long terme : concilier préservation des écosystèmes, développement économique et adaptation au changement climatique.
Parmi les initiatives soutenues, le projet RESILAO, déployé au Cap-Vert, en Mauritanie, en Guinée et au Sénégal, ainsi qu’en Gambie et en Guinée-Bissau, accompagne des solutions locales combinant conservation, activités économiques durables et renforcement de la résilience des communautés côtières.
Collaborant avec le PRCM de manière directe ou indirecte depuis 15 ans, nous sommes liés par une conviction commune : seule une action collective, ancrée dans les territoires, permet de concilier préservation des écosystèmes marins et développement durable.
Science et décision publique : l’exemple de Plankt’ECO
Le projet Plankt’ECO, mené avec la Fondation Tara Océan, illustre le rôle clé de la science dans la gestion des océans.
En étudiant le microbiome marin — essentiel à l’équilibre climatique —, le projet renforce les capacités locales en Mauritanie et au Sénégal avec la création d’une plateforme d’imagerie sur le plancton, et favorise le dialogue entre scientifiques et décideurs publics.
Lors du FOMACO, le FFEM présentera également sa stratégie dédiée à la haute mer.
Depuis plus de 30 ans, il a accompagné plus de 200 aires marines protégées. Depuis 2014, il soutient la préservation de la biodiversité en haute mer en combinant production de connaissances scientifiques et appui à la création des premières aires marines protégées dans le cadre de l’accord BBNJ, entré en vigueur cette année.
Au total, 11,5 millions d’euros ont été engagés dans des projets couvrant l’ensemble des grands bassins océaniques (Atlantique, Indien, Pacifique), mobilisant des communautés scientifiques internationales et renforçant les capacités des pays du Sud.
Mangroves : des solutions naturelles pour protéger les littoraux
À travers son Initiative Mangroves, le FFEM promeut ces écosystèmes comme des solutions fondées sur la nature face au changement climatique.
Déployée en Afrique de l’Ouest, en Asie et en Amérique centrale, cette initiative soutient :
- La restauration écologique,
- La régénération naturelle,
- La gestion durable des mangroves.
Les mangroves jouent un rôle essentiel : protection des côtes, stockage du carbone, préservation de la biodiversité et soutien aux activités économiques locales. Leur restauration constitue un levier majeur pour la résilience des territoires littoraux.
Dans le cadre de cette initiative, un ouvrage intitulé « Les mangroves, ancrages littoraux » a été réalisé par le FFEM et Océanopolis avec l’appui du Ministère de la Transition écologique, dans le cadre de la Décennie des Nations Unies pour les sciences océaniques au service du développement durable.
Sur le terrain : des solutions concrètes
Le FFEM accompagne également des initiatives structurantes comme le programme régional WACA, dédié à la lutte contre l’érosion et les inondations côtières.
Dans cette dynamique, le projet RETCAO, qui sera déployé au Bénin, en Côte d’Ivoire, en Mauritanie, au Sénégal et au Togo, renforcera la résilience des côtes ouest-africaines grâce à des approches “douces” : restauration d’écosystèmes, végétalisation et accompagnement des acteurs locaux. Le démarrage effectif du projet sera annoncé pendant le forum et une présentation en sera faite par le Centre de suivi écologique (CSE).
Au Sénégal, le projet Nebeday Resco Saloum illustre cette approche intégrée. Dans le delta du Sine Saloum, il combine restauration écologique, innovations techniques et développement d’activités économiques durables, notamment au bénéfice des femmes.
Une mobilisation collective pour l’océan
Le FOMACO met en lumière l’importance d’une approche intégrée des enjeux marins et côtiers.
À travers ses projets, le FFEM démontre qu’il est possible de concilier science, préservation des écosystèmes et développement des territoires.
Une conviction guide ces actions : les solutions durables pour l’océan reposent sur l’engagement collectif et les solutions fondées sur la nature.
À Nouakchott, le FOMACO 2026 s’annonce ainsi comme un catalyseur d’actions concrètes pour l’avenir des océans.