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Protocole de Montréal : le FFEM engagé pour la couche d’ozone et un refroidissement durable
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À l’occasion de la Journée mondiale de la protection de la couche d’ozone, le 16 septembre, le FFEM revient sur l’un des grands succès de la coopération environnementale internationale : le Protocole de Montréal. Près de quarante ans après son adoption, cet accord universel poursuit son action pour protéger la couche d’ozone tout en contribuant, avec l’Amendement de Kigali, à la lutte contre le changement climatique. Aux côtés du Fonds multilatéral du Protocole de Montréal, le FFEM accompagne cette dynamique en soutenant des projets dans les pays en développement et des solutions innovantes en faveur d’un refroidissement plus durable.
Adopté en 1987 et entré en vigueur en 1989, le Protocole de Montréal est le premier accord environnemental international à avoir atteint la ratification universelle. Il organise la réduction progressive des substances responsables de l’appauvrissement de la couche d’ozone.
Cette mobilisation internationale porte ses fruits : la couche d’ozone est aujourd’hui sur la voie du rétablissement. Elle illustre la capacité d’une action internationale coordonnée, fondée sur la science et accompagnée de moyens financiers dédiés, à produire des résultats environnementaux à l’échelle mondiale.
Pour accompagner les pays en développement dans la mise en œuvre de leurs engagements, le Protocole s’appuie sur le Fonds multilatéral du Protocole de Montréal (FMPM). Pour la période 2024-2026, celui-ci dispose d’un budget de 965 millions de dollars. La France, quatrième contributeur historique, y contribue à hauteur de 36 millions d’euros sur cette période.
Jusqu’à 20 % de la contribution française peuvent être consacrés à des projets bilatéraux. Dans ce cadre, le FFEM intervient en tant qu’agence bilatérale de la France pour accompagner les pays en développement dans la mise en œuvre de leurs obligations au titre du Protocole de Montréal. Le FFEM apporte également un appui technique aux ministères français : aux côtés de la Direction générale du Trésor, il participe au Comité exécutif du FMPM et contribue aux travaux de l’équipe interministérielle lors des réunions des Parties au Protocole de Montréal.
Près de quarante ans après son adoption, le Protocole de Montréal reste pleinement d’actualité. Avec l’Amendement de Kigali, adopté en 2016, son action s’est étendue à la réduction progressive des hydrofluorocarbures (HFC), largement utilisés dans les équipements de réfrigération et de climatisation et dont certains présentent un fort pouvoir de réchauffement climatique.
Le défi est désormais double : réduire l’impact climatique des réfrigérants tout en limitant la consommation énergétique croissante liée aux besoins de refroidissement.
En complément des activités financées par le FMPM, le FFEM soutient ainsi une approche intégrée du refroidissement durable. Ses projets permettent d’agir sur plusieurs leviers complémentaires : réduire les besoins de refroidissement grâce aux solutions passives fondées notamment sur la conception des bâtiments, la ventilation naturelle, l’ombrage ou l’utilisation de matériaux adaptés au climat mais également améliorer l’efficacité énergétique des équipements et favoriser le recours à des fluides naturels.
Au Nigéria, Koolboks développe ainsi des réfrigérateurs et congélateurs fonctionnant à l’énergie solaire et utilisant des réfrigérants naturels. Le projet propose une solution de froid adaptée notamment aux populations et petits commerces peu ou pas raccordés au réseau électrique, tout en limitant la consommation d’énergie et le recours à des réfrigérants à fort impact climatique.
Au Ghana et au Nigéria, le projet AGORA agit à une autre échelle : celle du marché des réfrigérateurs et climatiseurs domestiques. Il vise à accélérer sa transformation en favorisant la diffusion d’équipements plus efficaces énergétiquement et utilisant des réfrigérants à faible impact climatique.
Avec PEEB Cool, l’action porte davantage sur les bâtiments et la réduction de leurs besoins en refroidissement, en associant conception adaptée au climat et efficacité énergétique.
L’approche développée par la Voûte Nubienne illustre quant à elle le potentiel des solutions passives : en améliorant le confort thermique des bâtiments, elles permettent de limiter le recours à la climatisation et donc les besoins énergétiques associés.
Ces interventions complémentaires permettent au FFEM de créer des synergies avec les actions soutenues par le FMPM et d’expérimenter des solutions susceptibles d’être répliquées et déployées à plus grande échelle. Elles inscrivent plus largement la question du froid dans une approche intégrée associant climat, énergie, santé et réduction des pollutions.
« Le FFEM intervient d’abord comme agence bilatérale de la France dans le cadre du Fonds multilatéral du Protocole de Montréal. […] En complément, les projets pilotes soutenus par le FFEM permettent d’expérimenter des solutions concrètes […] afin de favoriser leur réplication et leur passage à l’échelle. »
3 questions à Diane Menard, Responsable projet pour la thématique Ozone, cycle de vie des produits, pollutions et déchets, FFEM
- Le protocole de Montréal est souvent présenté comme un succès de la coopération internationale, quel bilan tirez-vous de la mise en œuvre du Protocole de Montréal ?
Le Protocole, qui fêtera l’année prochaine ses 40 ans, démontre que le multilatéralisme permet de répondre efficacement à des problématiques environnementales majeures. Grâce à l’engagement de toutes les Parties en faveur de sa mise en œuvre et à une coordination science – politique forte, le trou dans la couche d’ozone a diminué depuis les années 2000 et il est anticipé que la couche d’ozone au-dessus de l’Antarctique revienne à son niveau des années 1980 d’ici mi-2060 si les Parties continuent à se conformer à leurs obligations.
- Avec l’amendement de Kigali, quels sont les nouveaux enjeux notamment dans le secteur du froid dans les pays en développement ?
L’Amendement de Kigali a renforcé la dimension climatique du Protocole, en complément de son action historique pour préserver la couche d’ozone. Sa mise en œuvre devrait permettre d’éviter environ 0,3 à 0,5 °C de réchauffement d’ici 2100. Les premières obligations des pays en développement sont entrées en application en 2024 et de nombreux plans de mise en œuvre sont désormais financés par le FMPM. L’enjeu est d’adopter une approche intégrée du secteur du froid : réduire l’utilisation des HFC, améliorer l’efficacité énergétique des équipements et des bâtiments et mieux prendre en compte la gestion des équipements et substances en fin de vie.
- Quel rôle le FFEM joue-t-il dans la mise en œuvre du Protocole de Montréal et de l’Amendement de Kigali ? Comment les projets soutenus par le FFEM permettent-il de traduit ces engagements internationaux, et notamment français, en solutions concrètes sur le terrain ?
Le FFEM intervient d’abord comme agence bilatérale de la France dans le cadre du Fonds multilatéral du Protocole de Montréal. À ce titre, il accompagne la mise en œuvre de projets permettant aux pays en développement de respecter leurs obligations. En complément, les projets pilotes soutenus par le FFEM permettent d’expérimenter des solutions concrètes : conception passive des bâtiments, équipements plus efficaces énergétiquement, recours à des réfrigérants naturels ou encore amélioration de la gestion des équipements en fin de vie. L’objectif est de démontrer leur efficacité afin de favoriser leur réplication et leur passage à l’échelle. Cette complémentarité entre les financements du FMPM et ceux du FFEM permet d’aborder le froid de manière plus globale, en articulant protection de la couche d’ozone, climat, énergie, santé et pollutions. Enfin, le FFEM apporte une expertise technique à la France dans les instances du Protocole : il siège aux côtés de la Direction générale du Trésor au Comité exécutif du FMPM et contribue aux travaux interministériels lors des réunions des Parties.
Près de quarante ans après son adoption, le Protocole de Montréal continue ainsi de démontrer la force de l’action collective face aux défis environnementaux. Aux côtés de ses partenaires, le FFEM contribue aujourd’hui à prolonger cette dynamique en accompagnant les pays dans leurs engagements et en expérimentant des solutions pour un refroidissement plus durable, avec l’objectif de favoriser leur passage à l’échelle.