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© Céline Damery, Conservatoire du littoral 2019 (3)
Le projet WACA teste des solutions douces fondées sur la nature sur les sites pilotes de quatre pays. A l’occasion de son premier COPIL qui s’est tenu à Dakar au Sénégal le 12 mars 2019, interview avec trois partenaires du programme : Peter Kristensen de la Banque mondiale, Moussa Sall du Centre de suivi écologique (CSE) de Dakar et Janique Etienne, en charge des projets écosystèmes aquatiques, au FFEM.

 Portrait Moussa Sall1© DR  Moussa Sall, coordinateur de la cellule régionale de la Mission d’observation du littoral ouest-africain (MOLOA), au Centre de suivi écologique à Dakar

Peter Kristensen Photo1© DR  Peter Kristensen, chef d’équipe pour le programme de gestion des zones côtières de l’Afrique de l’Ouest (WACA), Banque mondiale

 Janqiue Etienne1© FFEM  Janique Etienne, en charge des projets Ecosystèmes aquatiques, villes durables et solutions fondées sur la nature au FFEM

 

Pourquoi avoir initié le Programme de gestion du littoral ouest-africain (WACA) ?

Peter Kristensen : Le réchauffement climatique, l’érosion côtière, les inondations et la pollution sont des risques majeurs pour le développement durable en Afrique de l’Ouest. En 2017, la dégradation environnementale des côtes du Bénin, de la Côte d’Ivoire, du Sénégal et du Togo avait coûté 3,8 milliards de dollars, soit 5,3 % du PIB de ces quatre pays. Le Programme WACA a voulu mobiliser l’expertise et l’innovation pour permettre à ces pays de répondre à ces défis au niveau local, régional et national.

L’instauration d’un dialogue entre partenaires est-elle nécessaire pour assurer l’efficacité et la pérennité des solutions trouvées ?

P. K : La protection des côtes est coûteuse et nécessite la collaboration de plusieurs ministères et secteurs. De plus, elle requiert souvent des solutions techniquement complexes. Grâce à son approche partenariale, le projet WACA réunit des acteurs africains et internationaux de domaines techniques différents. Il peut ainsi s’appuyer sur les expertises nécessaires et les mécanismes de financement appropriés.

Comment la capitalisation et la communication servent-elles leur passage à l’échelle ?

Janique Etienne : Le programme WACA est très ambitieux car il concerne potentiellement 17 pays. Le projet soutenu par le FFEM permet de tester sur des sites pilotes des solutions « douces » pour faire face à l’érosion côtière. Il est essentiel de pouvoir en démontrer l’efficacité et d’informer sur les bonnes pratiques afin qu’elles puissent être mobilisées à une plus large échelle, à commencer par le programme WACA dans son ensemble.

Comment la consolidation des mécanismes d’observation du littoral peut-elle orienter les politiques publiques sur la gestion des espaces littoraux ?

Moussa Sall : Des mécanismes d’observation performants permettent l’acquisition de données et d’informations de qualité sur le littoral. Compte tenu de la relative homogénéité des conditions géomorphologiques et des problématiques du littoral, les connaissances acquises lors des actions pilotes peuvent être capitalisées à l’échelle de la zone d’intervention. L’amélioration des connaissances et le partage d’expériences inhérents au projet, favorisent la prise de bonnes décisions, la mise en place d’outils de planification pertinents, ainsi que l’intégration et la coordination des initiatives au niveau régional ou national.

Pourquoi impliquer les décideurs politiques pour passer les solutions à échelle?

J. E : La recherche de solutions pour la réduction des risques côtiers ne peut se concevoir à l’échelle locale uniquement. Un ouvrage « classique », comme une digue par exemple, pourra même avoir des effets amplificateurs de l’érosion en aval de la zone à protéger. L’implication des décideurs pour la planification du territoire et le choix des options techniques, et leur engagement à travers les politiques publiques, sont donc essentiels pour le passage à l’échelle des innovations !