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Quand les forêts inspirent l’agriculture de demain à travers l’agroforesterie : une alliance gagnante entre agriculture et nature
La Journée internationale des forêts 2026, met à l’honneur comme chaque année la richesse et la diversité des forêts, tout en rappelant leur rôle vital face aux défis climatiques et aux pressions croissantes des activités humaines.
Le thème 2026, « Les forêts et les économies » souligne le rôle essentiel des forêts en tant que moteurs de prospérité Au-delà des revenus issus de la production forestière et du commerce de matières premières renouvelables ou de denrées alimentaires, elles soutiennent l’agriculture familiale, renforcent la productivité des terres et constituent un levier essentiel pour les générations futures.
Toutefois, elles sont aujourd’hui soumises à une forte concurrence économique, notamment face à l’expansion de l’agriculture, des plantations industrielles et des activités extractives, soutenues par une demande mondiale en constante augmentation. Cette pression accrue fragilise particulièrement les forêts tropicales, pourtant indispensables dans la lutte contre le changement climatique. Dans ce contexte, il devient essentiel de renforcer la valeur économique des forêts de manière durable, afin de favoriser leur préservation tout en générant des bénéfices pour les populations locales et pour la planète.
Dans ce contexte, le FFEM fait des forêts, une priorité de son action. À travers le projet RIFOP (Renforcement et Innovation en Foresterie Participative) mis en œuvre au Congo et au Cameroun par l'ABSL Nature+, il soutient un modèle innovant qui concilie préservation des écosystèmes et amélioration des conditions de vie des communautés locales.
Agriculture et forêts : un équilibre essentiel
Le projet RIFOP repose sur une approche intégrée, centrée sur les ménages, afin de concilier développement économique et préservation des ressources naturelles. Concrètement, il vise à :
- Développer une production de cacao agroforestier durable avec un objectif d’augmentation de la productivité de cacao d’au moins 25 %.
- Accompagner les femmes dans la transformation et la commercialisation des fèves de cacao caramélisées, renforçant ainsi leur autonomie économique.
- Réduire de moitié les défrichements dans les agro-forêts grâce à un système de suivi détection opérationnel pour réduire ce phénomène.
- Accroître de 50 % le nombre d’arbres dans les parcelles agricoles, via des actions de reboisement et un suivi régulier.
À NOTER :
Aujourd’hui, l’Afrique produit près de 70 % du cacao mondial, et plus de 80 % de cette production provient de petites exploitations familiales de 1 à 5 hectares. Dans ce contexte, améliorer durablement les pratiques agricoles constitue un levier majeur pour lutter contre la déforestation.
« Pure Odzala » : un cacao durable au service des forêts
Le projet s’illustre notamment à travers la stratégie cacao « Pure Odzala » développée en lien avec le Parc National d'Odzala-Kokoua (PNOK), en République du Congo.
Face à une demande mondiale croissante pour un cacao durable et traçable, ce projet permet la mise en place d’une filière de cacao premium et traçable, sous la marque « Pure Odzala » - un label exigeant et valorisant. Ce dernier met l'accent sur la qualité, la traçabilité et la responsabilité environnementale. Il garantit entre autres une production de chocolat durable issue des cacaoyères gérées par des ménages vivant autour du Parc National d’Odzala-Kokoua, en République du Congo.
L’agroforesterie - qui associe arbres et cultures- offre ici une réponse concrète aux défis environnementaux et économiques. À cet effet, la filière se voit génératrice de revenus supérieurs pour les producteurs réduisant ainsi les risques économiques tout en renforçant la protection du Parc national et en limitant la déforestation induite pour la production de cacao et l’exploitation illégale et non durable des ressources naturelles.
Soutenir le cacao d'Odzala c’est améliorer les moyens de subsistance, contribuer à l'atténuation du changement climatique tout en évitant de nouveaux déboisements. Cela est crucial aux abords d'un parc national à forte valeur de conservation.
En 2025, 42 producteurs de cacao et propriétaires de leurs champs répartis dans 6 villages au nord du PNOK étaient engagés dans cette dynamique, illustrant le potentiel de ce modèle à l’échelle locale.
Une approche gagnante pour les populations et le climat
En soutenant le développement du cacao agroforestier, le FFEM contribue à améliorer les moyens de subsistance des communautés tout en participant à l’atténuation du changement climatique. En renforçant le rôle des ménages dans la gestion durable des terres, le projet favorise une appropriation locale des enjeux de préservation des forêts.
Vers une agriculture plus résiliente
L’agroforesterie s’impose aujourd’hui comme une solution d’avenir. À la fois durable, productive et respectueuse des écosystèmes, elle permet de concilier production agricole et protection de l’environnement. En intégrant pleinement les arbres dans les systèmes agricoles, elle renforce la biodiversité, améliore la santé des sols, contribue au stockage de carbone tout en diversifiant les sources de revenus des producteurs.
Ce modèle démontre qu’il est possible d’allier développement économique et préservation des ressources naturelles. Il ouvre la voie à des systèmes agricoles plus résilients, capables de répondre aux défis climatiques tout en assurant des revenus durables aux producteurs.
En savoir + sur le projet RIFOP
Foresterie participative pour les communautés locales
Le projet RIFOP soutenu par le FFEM réinvente un modèle de foresterie qui profite des communautés locales et des écosystèmes. La foresterie sociale développée depuis deux décennies, en particulier le...
- Quand ?
-
2022 - 2027
État
En cours
- Thème
- Agriculture et forêts durables, Biodiversité, Changement climatique
- Localisation
- Congo, Cameroun
- Co-financeurs
- Agence Française de Développement (AFD), NATURE +, UE, Gembloux Agro-Bio Tech, PPECF2