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17 ans de partenariat avec le Conservatoire du littoral : de l’expertise française aux solutions partagées
À l’occasion de la Journée internationale de la mer, placée en 2026 sous le thème « De la politique à la pratique : promouvoir l’excellence maritime », le FFEM revient sur près de 17 ans de partenariat avec le Conservatoire du littoral. Depuis 2009, cette coopération mobilise l’expertise française comme point d’appui pour expérimenter, apprendre avec les partenaires locaux et faire émerger des solutions adaptées aux territoires. Plus de 15 projets ont ainsi été accompagnés.
Des littoraux sous pression
Lors de la 3e Conférence des Nations Unies sur l’Océan (UNOC-3), organisée à Nice en juin 2025, les États ont réaffirmé l’urgence de mieux protéger les océans et les écosystèmes côtiers.
Érosion, artificialisation, élévation du niveau de la mer ou encore perte de biodiversité : les littoraux sont soumis à des pressions croissantes. Depuis sa création en 1994, le FFEM accompagne des projets qui expérimentent des solutions concrètes pour renforcer leur résilience.
Quelques chiffres clés :
- 4,3 mm/an : rythme d’élévation du niveau moyen de la mer en 2023, contre environ 2 mm/an avant 2015.
- 0,5 à 2 m/an : ordre de grandeur des reculs du trait de côte observés dans certaines zones particulièrement exposées.
- 770 millions : nombre de personnes vivant à moins de 5 mètres au-dessus du niveau de la mer.
De WACA à RETCAO : de l’expérimentation au changement d’échelle
En Afrique de l’Ouest, les littoraux sont particulièrement exposés à l’érosion et aux effets du changement climatique. Avec le Conservatoire du littoral et d’autres partenaires, le FFEM a contribué à expérimenter des alternatives aux ouvrages lourds de protection, en privilégiant notamment des solutions fondées sur la nature.
Dans le cadre du projet WACA, plusieurs solutions dites « douces » ont été testées : typhavelles, plantations de filaos, restauration des dunes ou encore dispositifs d’observation et de gestion prospective du territoire.
Ces expérimentations ont permis de documenter les conditions de mise en œuvre et les résultats de ces solutions. Leur évaluation a également contribué à nourrir les réflexions du programme régional WACA porté par la Banque mondiale.
Ces enseignements se poursuivent aujourd’hui avec le projet RETCAO, lancé en février 2026 au Bénin, en Côte d’Ivoire, en Mauritanie, au Sénégal et au Togo. Les recommandations issues de l’évaluation de WACA ont notamment contribué à orienter cette nouvelle étape, qui vise à renforcer la résilience des côtes ouest-africaines avec les communautés locales.
Pour revenir sur la richesse de ce partenariat avec le FFEM et l’expérience menée dans le cadre de WACA, écoutons Fabrice Bernard, Directeur International et Mécénat du Conservatoire du littoral.
La Méditerranée, un écosystème partagé : mieux connaître pour mieux préserver
Avec près de 15 000 îles, la Méditerranée constitue un espace d’une grande richesse écologique, mais aussi particulièrement vulnérable. Un écosystème partagé avec la France, dont la préservation concerne l’ensemble des pays riverains. Les petites îles, notamment, abritent des écosystèmes fragiles et jouent un rôle important pour la préservation de la biodiversité.
Le projet CAIPIM, porté par l’Initiative PIM et le Conservatoire du littoral, s’inscrit dans cette dynamique. Soutenu par le FFEM, il vise à mieux connaître les petites îles de Méditerranée et de Macaronésie, à renforcer les réseaux d’acteurs et à améliorer les capacités de conservation et de restauration.
Le projet associe gestionnaires, chercheurs, acteurs locaux et société civile autour de démarches scientifiques, participatives et transdisciplinaires. Il contribue notamment au développement de protocoles de suivi simples et reproductibles et au partage des expériences entre territoires.
La connaissance, la coopération et le partage des pratiques constituent ainsi des leviers essentiels pour préserver des écosystèmes qui dépassent les frontières nationales.
De la Team France à la Team Europe : l’essor de SMILO
Portée par Small Islands Organisation (SMILO), l’initiative SMILO place le partage d’expériences et la mise en réseau des acteurs au cœur de son action. Soutenue par le FFEM et le Conservatoire du littoral depuis 2016, elle a permis de structurer un réseau international engagé dans la gestion durable des petites îles et de promouvoir les bonnes pratiques à travers le label « Petites îles durables ».
Avec SMILO+, soutenu par le FFEM et l’Union européenne depuis 2023, cette dynamique change d’échelle. Le projet accompagne de nouveaux territoires, renforce les capacités locales et développe des démarches de gouvernance partagée, notamment à travers les échanges entre pairs.
Présente lors de l’UNOC-3 à Nice en juin 2025, l’initiative illustre ainsi le passage d’une dynamique portée dans le cadre de la coopération française à un réseau européen et international.
Le partenariat entre le FFEM et le Conservatoire du littoral repose ainsi sur une même démarche : expérimenter, évaluer, partager et mettre en réseau. Au fil des projets, l’expertise française se confronte aux réalités des territoires et s’enrichit des savoirs et des expériences des partenaires locaux.
De l’Afrique de l’Ouest à la Méditerranée, ces coopérations contribuent à faire émerger des solutions adaptées aux enjeux des littoraux et des îles, et à favoriser leur diffusion à plus grande échelle.
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