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Face à la désertification et la sécheresse, innover sur le terrain pour construire les solutions de demain
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La Journée mondiale de lutte contre la désertification et la sécheresse 2026 est placée sous le thème « Parcours pastoraux : reconnaître, respecter, restaurer ». Accueillie par le Kenya, un pays où les pâturages couvrent environ 80 % du territoire et font vivre des millions de personnes (ONU), cette édition met en lumière le rôle essentiel des espaces pastoraux pour la sécurité alimentaire, la préservation de la biodiversité et la résilience climatique.
Alors que la dégradation des terres et les sécheresses s’intensifient sous l’effet du changement climatique, les conclusions du Sommet international Désertif’actions 2026 sont claires : il est urgent de renforcer les coopérations et d’accélérer le déploiement de solutions concrètes adaptés aux réalités des territoires.
C’est précisément l’approche que soutiennent le Fonds français pour l’environnement mondial (FFEM) et ses partenaires à travers des projets menés en Afrique, en Asie, en Amérique latine et en Méditerranée. De la restauration des savanes namibiennes à la gestion durable des parcours pastoraux au Sénégal, de la co-construction de solutions avec les éleveurs nomades en Mongolie à l'adaptation des systèmes agricoles méditerranéens au stress hydrique, ces initiatives démontrent qu'en s'appuyant sur les savoirs locaux, l'innovation et la coopération entre acteurs, il est possible de restaurer les terres, renforcer la résilience des communautés et faire émerger des solutions reproductibles à plus grande échelle.
Afrique australe et Sahel : restaurer les terres et générer des co-bénéfices climat-énergie
En Namibie, plus de 60 millions d’hectares de savanes sont affectés par l’envahissement du bush. Ce phénomène réduit les surfaces disponibles pour le pâturage, dégrade les écosystèmes et fragilise les activités d’élevage.
Le projet OBPS (Otjikoto Biomass Power Station) apporte une réponse innovante associant restauration des terres dégradées, transition énergétique et développement local. Soutenu par le FFEM à hauteur de 3 millions d’euros, il accompagne la mise en place d’une centrale biomasse de 40 MW alimentée par les résidus issus de l’éclaircissage durable du bush. Son ambition est de :
- Restaurer les pâturages et la biodiversité ;
- Améliorer la fertilité des sols ;
- Renforcer la résilience face à la sécheresse ;
- Créer des emplois durables au sein d’une filière biomasse certifiée ;
- Contribuer à l’indépendance énergétique du pays.
Au Sénégal, dans la zone sylvopastorale du Ferlo, fortement touchée par la désertification, le projet Dundi Ferlo place les communautés pastorales au cœur de la gouvernance des ressources naturelles. Il accompagne la restauration de 1 000 hectares de terres dégradées, renforce la résilience des éleveurs et soutient la valorisation des produits forestiers non ligneux afin d’améliorer les revenus locaux. Cette approche contribue à expérimenter des solutions innovantes et reproductibles pour renforcer la résilience des territoires sahéliens.
Asie centrale : co-construire des solutions pastorales durables avec les éleveurs, les collectivités locales et la recherche
Face à la dégradation des pâturages et aux effets croissants du changement climatique, le projet Nomads for Life s’appuie sur la concertation territoriale entre acteurs publics, privés et communautaires, le renforcement des coopératives d’éleveurs, la recherche-action et le plaidoyer pour améliorer la gestion des ressources pastorales et diversifier les revenus des communautés locales. Il ambitionne notamment de renforcer la résilience de plus de 6 000 personnes issues de familles d’éleveurs et de promouvoir des pratiques de pastoralisme durable à l’échelle locale et nationale.
« Les projets Dundi Ferlo et Nomads for Life constituent des exemples remarquables de gestion durable des terres et des ressources pastorales. En valorisant les savoir-faire des éleveurs pastoraux, l’innovation locale et la participation des acteurs des communautés, ils produisent des résultats concrets et adaptés pour lutter contre la désertification et la sécheresse. À l’approche de la prochaine COP Désertification, ces initiatives soutenues par le FFEM rappellent l’importance d’investir dans des approches portées et ancrées dans les territoires et avec des acteurs locaux, capables de transformer ensuite des expériences locales en réponses globales aux défis environnementaux de demain. »
Amérique du Sud : préserver les prairies et la biodiversité face à la dégradation des terres
Au Brésil, le projet Allianza accompagne la transition vers des modèles de production conciliant préservation de la biodiversité, résilience des écosystèmes et viabilité économique des exploitations d’élevage confrontées à l’expansion des monocultures agricoles.
En renforçant l’accès aux financements, la diffusion de bonnes pratiques et la gouvernance participative, le projet contribue à préserver des écosystèmes essentiels au maintien des sols, à la régulation de l’eau et à la résilience face aux sécheresses. Il démontre que la lutte contre la dégradation des terres peut s’appuyer sur des modèles de production innovants conciliant conservation des paysages, développement local et adaptation au changement climatique.
Méditerranée : faire de l'agroécologie et de la gestion de l'eau des remparts contre la désertification
Mis en œuvre au Liban et en Égypte, le projet SupMed a accompagné les agriculteurs dans l’adoption de pratiques agroécologiques et de solutions d’irrigation plus efficientes afin de renforcer leur résilience face au changement climatique, au stress hydrique et aux risques de désertification.
Les résultats obtenus sont significatifs : des gains de marge brute pouvant atteindre 34 % au Liban et 93 % en Égypte, ainsi qu’une réduction des prélèvements d’eau allant jusqu’à 80% dans certains territoires. En favorisant l’innovation, le transfert de connaissances et la coopération entre acteurs locaux, institutions publiques et centres de recherche, le projet démontre que la transition agroécologique constitue un levier efficace préserver les ressources en eau et renforcer la durabilité des systèmes agricoles méditerranéens.
Cap sur la COP17 : des expériences de terrain pour nourrir l'action internationale
La 17e session de la Conférence des Parties (COP17) à la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD) se tiendra à Oulan-Bator, en Mongolie du 17 au 28 août 2026 sous le thème « Restaurer la terre. Restaurer l'espoir. »
A cette occasion, le FFEM réaffirme, avec ses partenaires son engagement en faveur de la gestion durable des terres et de la résilience des communautés confrontées à la sécheresse. Des savanes namibiennes aux parcours pastoraux du Ferlo, des steppes mongoles aux territoires méditerranéens et aux prairies de la Pampa, les projets soutenus démontrent que des solutions concrètes, innovantes et reproductibles existent pour restaurer les écosystèmes dégradés tout en améliorant les conditions de vie des populations. Autant d’expériences de terrain qui viendront nourrir les échanges de la prochaine COP et contribuer à faire émerger des réponses ambitieuses face aux défis croissants de la désertification et du changement climatique.