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Journée mondiale de l'alimentation : Innover aujourd’hui pour nourrir demain
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À l’occasion de la Journée mondiale de l’alimentation, célébrée cette année sous le thème « Innover aujourd’hui pour nourrir demain », tour d’horizon sur les solutions innovantes soutenues par le FFEM et ses partenaires à travers le monde pour faire émerger des systèmes alimentaires plus résilients, plus sobres et plus équitables. Préservation des forêts, réduction des pollutions agricoles, pratiques pastorales durables, pêche responsable ou gestion de l’eau : Du Brésil au Cambodge, en passant par le Sénégal, ces initiatives montrent que l’avenir de l’alimentation se joue aussi dans notre capacité à concilier sécurité alimentaire, santé, préservation de la biodiversité et justice sociale. Autant de conditions indispensables pour construire, dès aujourd’hui, de nouvelles manières de nourrir le monde demain.
La journée mondiale de l’alimentation rappelle un paradoxe majeur : alors que la planète produit suffisamment de ressources pour nourrir sa population, des millions de personnes restent confrontées à l’insécurité alimentaire. Dans le même temps, les systèmes alimentaires exercent une pression croissante sur les écosystèmes et les ressources naturelles.
Si la révolution verte a permis d’accroître considérablement les rendements agricoles, elle n’a pas résolu l’ensemble des défis alimentaires et environnementaux. Aujourd’hui l’enjeu est double : garantir à toutes et tous l’accès à une alimentation suffisante, saine et de qualité, tout en préservant les ressources naturelles et la biodiversité dont dépend notre capacité à nous nourrir durablement.
Quelques chiffres clés* :
En 2024, les données internationales mettent en lumière l’ampleur de ces défis :
- Environ 673 millions de personnes (soit 8,2 % de la population mondiale) souffrent de sous-alimention chronique.
- Environ 2,3 milliards de personnes (soit près de 25 % de la population mondiale) ne disposent pas d'un accès régulier à une quantité suffisante de nourriture nutritive.
- Plus de 2,8 milliards de personnes dans le monde n'ont pas les moyens financiers d'accéder à une alimentation saine.
- L'extraction mondiale de ressources naturelles a plus que triplé depuis 1970, passant de 30 milliards de tonnes à 106 milliards de tonnes par an selon les données de l’ONU Environnement.
L'Afrique reste la région la plus touchée, avec plus de 20 % de sa population en situation de sous-alimentation.
Face à ces défis, la transition vers des systèmes alimentaires plus durables est indispensable. Préserver les écosystèmes, réduire les pollutions, mieux gérer l’eau et accompagner les producteurs vers des pratiques plus résilientes sont autant de leviers pour concilier sécurité alimentaire, santé et protection de l’environnement.
Comment concilier production agricole, préservation de la biodiversité et revenus des producteurs ?
Certains projets explorent de nouveaux modèles de production et de filières qui cherchent à répondre simultanément à ces enjeux.
En Afrique de l’Ouest, le projet Équité Cacao, déployé en Côte d’Ivoire, au Ghana et au Togo, accompagne la transition de la filière cacao vers des modèles agroforestiers, biologiques et zéro déforestation, tout en aidant les producteurs à répondre aux exigences du Règlement européen contre la déforestation importée (RDUE). Il s’inscrit dans la continuité du programme ÉQUITÉ, soutenu par le FFEM depuis 2015, qui a notamment permis d'intégrer des critères environnementaux dans le cahier des charges de Commerce Équitable France pour les produits commercialisés en France et en Europe.
Dans le sud du Brésil, les prairies naturelles de la Pampa abritent une biodiversité exceptionnelle, aujourd’hui menacée par la conversion des terres en monocultures. Soutenu par la BRDE (Banque régionale de développement du sud du Brésil) et l’ONG Save Brasil, le projet Alianza Mais promeut des pratiques d’élevage durables, développe des mécanismes de financement adaptés aux producteurs et valorise les produits issus de systèmes de production respectueux de la biodiversité. Il contribue ainsi à concilier préservation des écosystèmes et viabilité économique des exploitations.
Comment produire tout en protégeant la santé humaine, animale et celle des écosystèmes ?
Les pratiques agricoles ont des conséquences qui dépassent les parcelles cultivées : L’utilisation excessive de pesticides et de produits vétérinaires peut affecter la santé humaine et animale, la qualité des sols et de l’eau ainsi que la biodiversité. L’approche « One Heath », ou « Une seule santé », invite à considérer ensemble ces interdépendances, en reconnaissant les liens étroits entre santé humaine, santé animale et santé des écosystèmes.
Au Sénégal, le projet Thiellal 2, qui bénéficie de l’expertise d’Expertise France et d’AVSF (Agronomes et Vétérinaires Sans Frontières), vise à réduire l’usage abusif des pesticides et des produits vétérinaires dans les territoires de Vélingara et de Kédougou. En mobilisant l’approche « One Health », il accompagne les acteurs locaux vers des pratiques agricoles plus respectueuses de la santé et de l’environnement. Le projet agit également sur la gestion des déchets issus des exploitations familiales afin de limiter les pollutions et de favoriser des systèmes agricoles plus durables.
Comment préserver les ressources en eau et les écosystèmes aquatiques tout en garantissant une alimentation durable ?
Les ressources marines et en eau douce sont essentielles à la sécurité alimentaire, aux activités économiques et à la résilience des territoires. Leur préservation nécessite des approches qui articulent gestion durable des ressources naturelles, adaptation au changement climatique et participation des acteurs locaux.
Protéger les herbiers marins et soutenir une pêche durable
En Tunisie, le projet PENELOPE, soutenu par l’Agence française de développement (AFD), la Fondation Hans Wilsdorf, WWF France et WWF Afrique du Nord, vise à préserver les herbiers de posidonie, des écosystèmes essentiels à la biodiversité méditerranéenne, aux ressources halieutiques et au stockage du carbone. L’initiative associe amélioration des connaissances scientifiques, renforcement de leur protection et accompagnement des pêcheurs vers des pratiques plus durables, afin de concilier préservation des écosystèmes et activités économiques locales.
Mieux gérer l’eau pour renforcer la résilience agricole
Au Cambodge, dans le bassin versant de Svay Chek, les sécheresses et les inondations menacent les récoltes et les revenus des populations rurales. Développé en collaboration avec l’Agence française de développement (AFD) et le Royaume du Cambodge, le projet mise sur une gestion intégrée de l’eau et des solutions fondées sur la nature pour renforcer la résilience agricole. La restauration de la rivière et des milieux humides, l’amélioration de l’accès à l’eau pour l’irrigation et la concertation entre les usagers doivent permettre de sécuriser la production agricole, de renforcer la sécurité alimentaire tout en préservant les écosystèmes.
Nourrir demain : une ambition collective
Ces projets illustrent la diversité des solutions qui émergent à travers le monde pour transformer durablement les systèmes alimentaires. Ils montrent qu’il est possible d’expérimenter de nouvelles pratiques agricoles, de faire évoluer les filières et de mieux gérer les ressources naturelles, en tenant compte des réalités et des besoins propres à chaque territoire.
Car une alimentation durable ne se résume pas à produire suffisamment pour nourrir les populations. Elle suppose également de préserver la biodiversité, de limiter les pollutions, de s’adapter au changement climatique et de permettre aux agriculteurs, aux éleveurs et aux pêcheurs de vivre dignement de leur activité. Elle implique aussi de rendre accessible à toutes et tous une alimentation saine et de qualité.
Pour relever ces défis, il est essentiel de soutenir les initiatives locales, de favoriser les coopérations entre acteurs et de diffuser les connaissances et les solutions qui ont fait leurs preuves. Au-delà de leurs retombées locales, ces expériences constituent également des sources d’inspiration pour les politiques publiques, notamment en France, en apportant des enseignements utiles pour faire évoluer les pratiques et les approches.
C’est tout l’enjeu de l’action du FFEM et de ses partenaires : accompagner l’expérimentation de modèles innovants, conciliant préservation de l’environnement, sécurité alimentaire et développement durable, pour contribuer à faire évoluer les pratiques et construire, dès aujourd’hui, les systèmes alimentaires de demain.
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Vers une filière cacao 100 % tracée et zéro déforestation en Afrique de l’Ouest
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