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Journée mondiale des zones humides : des écosystèmes essentiels à préserver : Entre savoirs traditionnels, engagements internationaux et actions du FFEM
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Chaque année, le 2 février, est célébré la journée mondiale des zones humides afin de sensibiliser le public aux enjeux majeurs liés à ces écosystèmes essentiels. L’édition 2026 s’inscrit sous le thème : « Zones humides et savoirs traditionnels : célébrer le patrimoine culturel » mettant en lumière le lien étroit entre ces milieux naturels et les communautés humaines qui en dépendent.
Au-delà de leur rôle fondamental pour la biodiversité et la gestion durable des ressources naturelles, les zones humides constituent un patrimoine naturel, culturel, architectural et économique exceptionnel. Leur préservation repose sur de multiples facteurs, parmi lesquels les usages, les pratiques et les savoirs traditionnels des populations locales. Elles sont en effet indispensables par leurs contributions écologiques, sociales et économiques au développement durable.
Dans cette dynamique, la 15ᵉ Conférence des Parties contractantes à la Convention de Ramsar, tenue en juillet 2025 à Victoria Falls (Zimbabwe), a marqué une étape clé en réaffirmant l’urgence d’enrayer la perte et la dégradation des zones humides à l’échelle mondiale. L’adoption du nouveau Plan stratégique Ramsar 2025-2034 met notamment l’accent sur des approches intégrées associant science, innovation, coopération internationale et savoirs traditionnels, ainsi que sur l’implication des communautés locales. Ces orientations font pleinement écho au thème de l’édition 2026 de la Journée mondiale des zones humides, en soulignant le rôle central du patrimoine culturel dans la gestion durable de ces écosystèmes
Zones humides : un patrimoine naturel sous pression
Au sens large, les zones humides sont définies comme des surfaces émergées saturées d’eau ou temporairement inondées. Vitales pour l’Homme, elles jouent un rôle clé dans la purification de l’eau, la régulation des crues e et la lutte contre les inondations.
Elles regroupent une grande diversité d’écosystèmes d'eau douce, marins et côtiers : lacs et cours d'eau, marais, prairies humides, tourbières, oasis, estuaires, deltas, mangroves et autres zones côtières, les récifs coralliens et tous les sites artificiels tels que les étangs d'aquaculture, les rizières, les réservoirs et les marais salants. L’eau constitue le facteur déterminant qui régit la vie végétale et animale qui s’y développe.
Selon l’Association RAMSAR France, en 50 ans, l’étendue des zones humides a diminué de 35% dans le monde, à un rythme 3 fois plus supérieur àcelui de la déforestation.
Soumises à des dégradations rapides et continues liées au changement climatique, à la croissance démographique, aux activités humaines, ces zones - pourtant garantes du bien-être des populations et de la nature - sont fortement menacées. Cette pression accrue affecte directement la biodiversité, notamment les oiseaux d’eau et plus particulièrement les espèces migratrices.
RESSOURCE+ incarne la vision du FFEM : soutenir des approches intégrées (écologique, économique et institutionnelle) qui associent protection de la biodiversité et la gestion durable des ressources naturelles, par et pour les communautés locales. En ciblant les zones humides sahéliennes, ce projet contribue à la conservation d’habitats essentiels à l’avifaune migratrice et s’inscrit dans les engagements internationaux pris par la France en matière de biodiversité, en particulier dans les Conventions de RAMSAR sur les zones humides et de l’AEWA sur les oiseaux d’eau migrateurs d’Afrique-Eurasie.
L’innovation au cœur du FFEM : La ressource « oiseaux d’eau »
Dans le cadre de son engagement faveur de la protection des zones humides, le FFEM soutient depuis plusieurs années des projets, notamment en zone sahélo-saharienne, un territoire riche en biodiversité mais particulièrement vulnérable.
À travers le projet RESSOURCE, le FFEM a été l’un des premiers à s’intéresser spécifiquement à la ressource « oiseaux d’eau » dans les zones humides du Sahel, jusqu’alors peu étudiées, et ou les populations d’oiseaux d’eau sont en déclin.
C’est un projet à caractère innovant qui vise :
- La protection des oiseaux d’eau et concilie conservation et sécurité alimentaire des populations locales ;
- Le développement d’une meilleure connaissance des dynamiques spatio-temporelles des oiseaux d’eau et de leur utilisation, afin de s’assurer que les prélèvements sur les populations des oiseaux sont soutenables et mieux gérer les zones humides qui constituent leur habitat. Cela permettra de mieux définir les politiques publiques de suivi et de conservation de la biodiversité des zones humides.
Ce projet est le premier à prévoir l’utilisation d’une méthodologie standardisée de comptage sur tous les sites concernés et la programmation des inventaires simultanés et coordonnés sur toutes les grandes zones humides du Sahel.
Une deuxième phase (RESSOURCE+) lancée en 2025, visé à tester et harmoniser, l’échelle de plusieurs pays de la région, une approche unique, multi- disciplinaire et multi-partenariale, articulant les actions aux niveaux local, national et international.
Dans ce cadre, le 60ème Dénombrement International des Oiseaux d’Eau (DIOE) s’est tenu du 11 au 17 janvier 2026, contribuant à la consolidation et à la mise en œuvre de cette seconde phase du projet ainsi qu’au suivi des activités des opérateurs techniques.
Le DIOE est initiée et coordonné par Wetlands International. Il s’agit d’un effort mondial visant à suivre les populations d’oiseaux d’eau et à mieux évaluer l’état des zones humides à l’échelle planétaire.
À la lumière des engagements réaffirmés lors de la COP15 de la Convention de Ramsar et à l’heure où les zones humides disparaissent à un rythme alarmant, leur protection apparaît plus que jamais comme une priorité collective, appelant à une mobilisation renforcée des acteurs publics, scientifiques et des communautés locales. Protéger les zones humides, c’est préserver un patrimoine vivant essentiel à l’équilibre des écosystèmes et au bien-être des générations présentes et futures.
Le nombre d’oiseaux d’eau a décliné d’environ 40% dans les grandes zones humides du Sahel entre 1960 et 2000
En savoir + sur la phase 1 du projet
RESSOURCE : Protéger les oiseaux d’eau dans les grandes zones humides sahéliennes
De nombreuses pressions en zone sahélo-saharienne ont altéré le fonctionnement des grandes zones humides du Sahel, riches en biodiversité. Pour améliorer la gestion des ressources naturelles, particul...
- Quand ?
-
2017 - 2021
État
Achevé
- Thème
- Biodiversité
- Localisation
- Éthiopie, Mali, Mauritanie, Niger, Tchad, Soudan du Sud
- Co-financeurs
- CIRAD, Contreparties nationales, ONCFS, Secrétariat AEWA, UE, FAO
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Zoom sur nos actualités en lien avec le projet
Retour sur le caractère innovant du projet RESSOURCE avec Constance Corbier-Barthaux
Publié le 28 octobre 2019