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L’océan au cœur des solutions pour le climat et la biodiversité
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Essentiel à la régulation du climat, à la biodiversité et aux moyens de subsistance de millions de personnes, l’océan couvre plus de 70 % de la surface terrestre mais est aujourd’hui confronté à des pressions croissantes. À l’occasion de la Journée mondiale de l’océan, le FFEM met en lumière des initiatives qui, de la haute mer aux littoraux, contribuent à protéger les écosystèmes marins et à renforcer la résilience des populations qui en dépendent.
Comprendre et protéger la haute mer
L’entrée en vigueur prochaine du traité sur la biodiversité marine au-delà des juridictions nationales (BBNJ) marque une avancée historique pour la gouvernance et la protection de la haute mer. Ce nouvel accord international offre un cadre inédit pour préserver les écosystèmes marins situés au-delà des frontières nationales et renforcer la coopération entre États. Bien avant cette étape décisive, le FFEM s’est engagé en soutenant des projets innovants dédiés à la connaissance, à la conservation et à la gestion durable de la biodiversité marine en haute mer.
Dans cette dynamique, le FFEM soutient notamment l’expédition Tara Ocean, première initiative d’étude du plancton marin à l’échelle planétaire. Ce programme contribue à une meilleure compréhension du rôle essentiel du plancton dans le fonctionnement de l’océan et son influence sur le climat mondial. Ce partenariat, engagé depuis 10 ans, a notamment permis l’élaboration d’un guide « Plancton océanique, climat et développement » destiné à accompagner les décideurs et praticiens dans la mise en œuvre des engagements internationaux en faveur de la biodiversité marine.
Le projet Plankt’ECO prolonge cet effort en renforçant les capacités scientifiques de plusieurs pays du Sud et en favorisant les coopérations Sud Sud entre l’Afrique de l’ouest et le Chili. Il contribue également à sensibiliser les jeunes générations aux écosystèmes océaniques et au rôle du plancton pour la régulation du climat à travers des outils pédagogiques innovants. Ce projet illustre une collaboration scientifique construite sur plus de 10 années de partenariat avec la fondation Tara Océan.
Dans le Dôme thermal et la mer des Sargasses, deux espaces remarquables de la haute mer, caractérisés par leur nature mobile et situés principalement au-delà des juridictions nationales, le projet SARGADOM, en partenariat avec le FEM, l’OFB et l’université de Bretagne occidentale contribue à l’élaboration de modèles de gouvernance hybrides, associant acteurs régionaux et internationaux, afin de renforcer la conservation et l’utilisation durable de la biodiversité marine.
Des solutions innovantes pour renforcer la résilience des littoraux
Face à une vulnérabilité croissante des littoraux ouest-africains, le projet RETCAO (Résilience des Territoires et des Communautés face aux Risques Côtiers en Afrique de l’Ouest) rappelle l’importance de protéger durablement les côtes en accompagnant les communautés confrontées à l’érosion côtière et aux effets du changement climatique. Le projet développe et met à l’échelle des solutions fondées sur la nature, telles que la restauration des écosystèmes côtiers et la végétalisation des rivages, afin de renforcer la résilience des territoires tout en préservant la biodiversité. RETCAO s’inscrit dans la continuité du projet pilote WACA-FFEM, dont les résultats ont contribué à démontrer l’efficacité de ces approches innovantes et ont nourri le développement du programme régional WACA, porté par la Banque mondiale.
Cette ambition rejoint les conclusions du dernier forum du Partenariat régional pour la conservation de la zone côtière et marine en Afrique de l’Ouest (PRCM/FOMACO), tenu à Nouakchott en avril 2026. À travers la Déclaration de Nouakchott, les acteurs régionaux ont réaffirmé la nécessité de renforcer la résilience des communautés littorales, de protéger les écosystèmes marins et côtiers, de promouvoir une économie bleue durable et de développer les coopérations régionales face aux défis climatiques.
La restauration des mangroves constitue également un axe d’intervention important du FFEM. Au fil des années, le Fonds a soutenu de nombreux projets dédiés à la protection, à la gestion durable et la restauration de ces écosystèmes essentiels, qui jouent un rôle majeur pour la biodiversité, la protection des côtes et les moyens de subsistances des populations locales.
Dans cette perspective, un tutoriel en ligne sur la restauration des mangroves développé en partenariat avec l’UICN PAPACO, est désormais accessible gratuitement en français et en anglais. Un guide méthodologique a également été élaboré afin d’accompagner les porteurs de projets de renforcer l’efficacité de restauration.
Les mangroves, un patrimoine naturel et économique à préserver
Le FFEM et la fondation Tany Meva annonceront le 17 juin 2026 la signature de la convention du projet PAPEC. Ce partenariat vise à renforcer la protection des mangroves de la région de Boeny, à Madagascar, tout en soutenant le développement de filières économiques locales durables.
Ces écosystèmes subissent aujourd’hui une dégradation préoccupante sous l’effet de plusieurs pressions, notamment la coupe de bois, la production de charbon et certaines pratiques de pêche non durable. Derrière les quelques 170.000 emplois directement liés aux ressources côtières et marines de la région, ce sont des milliers de familles qui dépendent quotidiennement des services rendus par les mangroves et de la pêche artisanale.
Agir contre les pollutions qui menacent l’océan
La pollution des océans ne se limite pas aux déchets visibles. Parmi les menaces moins perceptibles mais tout aussi préoccupantes figure la pollution sonore sous-marine, principalement générée par les transports et les services maritimes.
Dans l’océan Indien occidental, cette nuisance croissante perturbe les écosystèmes marins et affecte de nombreuses espèces qui dépendent des signaux acoustiques pour communiquer, se reproduire ou s’orienter. Le projet Quiet Western Indian Ocean (QWIO) vise à mieux comprendre l’ampleur de cette pollution et ses impacts sur la biodiversité marine tout en favorisant l’intégration de cette problématique dans les politiques de gestion durable des océans.
En Méditerranée, l’un des principaux défis environnementaux demeure la pollution plastique. Plus de 229 000 tonnes de déchets plastiques y sont rejetées chaque année soit l’équivalent de 500 conteneurs par jour.
Porté par l’association Beyond Plastic Med, initiée il y a 10 ans par la Fondation Prince Albert II de Monaco, la Fondation Tara Océan, Surfrider Foundation Europe, l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) et la Fondation MAVA, le projet BeMed+ vise à réduire cette pollution en soutenant les acteurs locaux des pays du sud et de l’est de la Méditerranée. Les actions pilotes menées dans ce cadre contribueront à faire émerger des solutions susceptibles d’être reproduites dans d’autres territoires côtiers confrontés à des défis similaires.
De la haute mer aux mangroves, des laboratoires de recherche aux territoires côtiers, les projets soutenus par le FFEM montrent que les solutions existent. Leur point commun est de s’appuyer sur la coopération entre acteurs scientifiques, institutions publiques, organisations de la société civile et communautés locales.
À l’occasion de la Journée mondiale de l’océan, ces initiatives rappellent que la préservation des écosystèmes marins est indissociable des enjeux de développement, de climat et de biodiversité. Protéger l’océan, c’est aussi renforcer la résilience des territoires et des populations qui en dépendent aujourd’hui comme demain.
Alors que l’entrée en vigueur du traité BBNJ ouvre une nouvelle étape pour la protection de la haute mer, la première Conférence des Parties du traité, qui se tiendra en janvier 2027 à New York, constituera un rendez-vous majeur pour transformer cet accord historique en actions concrètes. Les projets soutenus par le FFEM illustrent déjà, sur le terrain, les solutions et les coopérations nécessaires pour répondre à cette ambition collective en faveur d’un océan mieux protégé et géré durablement.
Retrouvez la vidéo de présentation du tutoriel en ligne sur la restauration des mangroves
Retrouvez l'article de Janique ETIENNE, Chef de projet écosystèmes aquatiques et solutions fondées sur la nature, FFEM
Pourquoi restaurer nos mangroves ? De nombreux programmes de restauration ont été menés, parfois soldés par des échecs ; alors quoi faire ?
Un dossier spécial y est consacré dans la lettre de l’UICN NAPA 208.