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Quand les solutions circulent : la coopération Sud-Sud en action
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À l’occasion de la Journée des Nations Unies pour la coopération Sud-Sud, le FFEM met en lumière plusieurs initiatives qui favorisent les échanges de savoir-faire entre pays et territoires du Sud. Restauration des mangroves, accompagnement des sociétés civiles africaines, mise en réseau de fonds de conservation entre l’Afrique, l’Amérique latine et les Caraïbes : des contextes différents, mais un même enjeu, celui de partager des solutions expérimentées sur le terrain et de les adapter à d’autres territoires.
Faire circuler les expériences et les savoir-faire
Face au changement climatique et à l’érosion de la biodiversité, de nombreuses réponses sont déjà expérimentées sur le terrain. Certaines peuvent être utiles bien au-delà du territoire où elles ont vu le jour, à condition d’en partager les enseignements et de les adapter à de nouveaux contextes.
C’est l’un des principes de la coopération Sud-Sud : permettre à des pays confrontés à des enjeux communs de partager leurs expériences, leurs connaissances et leurs savoir-faire.
Quelques chiffres clés :
- Les Suds comprennent 134 pays et abritent 80 % de la population mondiale.
- En 2023, les économies en développement regroupent 65 % des flux mondiaux des investissements directs étrangers (IDE) et génèrent environ 32 % des IDE sortants.
(Source : Nations Unies)
En 2026, cette dynamique est au cœur de la Journée des Nations Unies pour la coopération Sud-Sud, marquée notamment par le lancement de l’Alliance mondiale pour la coopération Sud-Sud et triangulaire. Facilitée par les Nations Unies, cette plateforme doit permettre de mieux mettre en relation les priorités des pays avec des solutions, des expertises et des partenaires susceptibles d’y répondre.
Cette approche rejoint celle du FFEM, qui soutient depuis plus de 30 ans des projets pilotes et des solutions innovantes, en portant une attention particulière à la capitalisation des résultats, au partage des expériences et à leur potentiel de réplication.
Comment restaurer des mangroves dégradées ?
Sur ce sujet, les expériences menées depuis plusieurs années au Mexique ont nourri des travaux engagés à plusieurs milliers de kilomètres de là.
Avec le soutien du FFEM, l’Initiative Mangroves s’appuie sur des technologies et des compétences développées au Mexique pour restaurer des sites pilotes au Costa Rica et au Bénin. Des méthodes de diagnostic hydro-écologique et de restauration expérimentées au Costa Rica ont notamment été mobilisées dans le delta du Mono, au Bénin.
Chercheurs et acteurs des 3 pays échangent sur leurs méthodes et leurs résultats afin d’identifier les approches les plus pertinentes et de documenter les conditions dans lesquelles elles pourraient être reproduites ailleurs. D’un territoire à l’autre, les méthodes ne sont donc pas appliquées à l’identique : elles sont adaptées aux caractéristiques écologiques et aux réalités locales.
Pour faciliter le partage et l’appropriation de ces savoir-faire, l’Initiative Mangroves vient également de publier un guide consacré à la restauration des mangroves ainsi qu'un tutoriel, ce dernier réalisé en partenariat avec l'UICN. Ces ressources capitalisent les enseignements tirés du projet et proposent des outils pratiques pour accompagner leur diffusion et leur adaptation à d’autres contextes.
Découvrez l'Initiative Mangroves
Tutoriel sur la restauration des mangroves
Téléchargez le dernier guide sur la restauration des mangroves
En 2026, le Programme de petites initiatives (PPI) fête ses vingt ans. Créé par le FFEM en 2006, il accompagne des organisations de la société civile africaine engagées dans la préservation de la biodiversité et la gestion durable des ressources naturelles.
Au fil de ses différentes phases, le programme a soutenu 327 projets dans 33 pays et 214 organisations civiles. Sa septième phase, lancée en 2025, doit permettre d’accompagner plus de 80 nouveaux projets.
Le PPI s’est aussi progressivement affirmé comme un espace d’échanges entre organisations. Rencontres, partage d’expériences, mise en réseau et partenariats permettent aux acteurs de confronter leurs pratiques et de bénéficier de l’expérience acquise dans d’autres pays.
Le PPI 7 poursuit dans cette voie, notamment à travers des programmes de mentorat entre organisations de la société civile : une organisation expérimentée peut ainsi accompagner une structure plus récente et lui transmettre des compétences acquises au fil de ses projets.
Après vingt ans d’existence, cette dimension collective constitue l’un des acquis du programme : au-delà des projets soutenus individuellement, un réseau d’acteurs africains s’est structuré et continue de partager ses expériences.
Découvrez la 7ème phase du PPI
Comment favoriser la circulation des expériences entre des acteurs confrontés, sur plusieurs continents, à un même défi : mobiliser davantage de financements privés en faveur de la biodiversité ?
C’est l’un des objectifs du projet BRIDGE, soutenu par le FFEM et mis en œuvre avec les réseaux RedLAC, en Amérique latine et dans les Caraïbes, et CAFÉ, en Afrique. Achevé le 30 juin 2026 après cinq années de mise en œuvre, le projet a permis à des Fonds fiduciaires pour la conservation (FFC) de tester et déployer des mécanismes financiers innovants, tout en renforçant leurs capacités et leurs échanges avec le secteur privé.
En 2025, huit fonds poursuivaient la mise en œuvre de mécanismes financiers innovants avec le secteur privé. Parmi les initiatives les plus avancées, le MAR Fund a notamment développé un mécanisme destiné à favoriser l’accès de petits pêcheurs du récif mésoaméricain à des solutions d’assurance et de financement, en associant 23 organisations de pêcheurs au Honduras.
BRIDGE a également favorisé une véritable dynamique d’apprentissage Sud-Sud. Dix expériences de mentorat associant 24 FFC ont été menées à terme en 2025. En parallèle, huit groupes de travail consacrés notamment au financement de la conservation, au suivi-évaluation ou à la collecte de fonds ont mobilisé 226 participants issus de 40 FFC.
Ces échanges ont permis aux fonds de confronter leurs pratiques, de transmettre leurs savoir-faire et de faire émerger des approches adaptées à différents contextes. Au terme du projet, BRIDGE laisse ainsi des réseaux renforcés, des expériences partagées et des mécanismes financiers expérimentés sur le terrain, avec des acquis susceptibles d’être adaptés et diffusés au-delà des territoires où ils ont été développés.
Le projet Bridge
Partager, adapter, essaimer
Ces trois initiatives illustrent différentes formes de coopération Sud-Sud : le transfert et l’adaptation de méthodes entre pays avec l’Initiative Mangroves, les échanges et le mentorat entre organisations africaines avec le PPI, et la mise en réseau de fonds de conservation entre l’Afrique, l’Amérique latine et les Caraïbes avec BRIDGE.
Elles montrent que le passage à l’échelle ne consiste pas nécessairement à reproduire une solution à l’identique : il passe par la capitalisation des résultats, le partage des enseignements et leur adaptation à de nouveaux contextes.
Ces dynamiques illustrent également la coopération triangulaire : en accompagnant les échanges entre acteurs du Sud et en apportant des financements, de l’expertise et des espaces de mise en réseau, le FFEM contribue à faciliter la circulation et l’appropriation des solutions, pour qu’elles puissent être adaptées et expérimentées dans d’autres territoires.