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Égalité des droits et justice environnementale dans le Bas-Zambèze : un nouveau pacte pour les territoires
Publié le
À l’occasion de la Journée mondiale de la justice sociale, le FFEM agit en faveur du développement des communautés locales à travers l’un de ses projets phares dans le Bas-Zambèze : "Entreprises Pro Nature". Lancé en 2022 pour une durée de cinq ans, ce projet vise à concilier préservation de la biodiversité et amélioration des conditions de vie grâce à des accords de conservation, en particulier dans le secteur de la pêche durable. En associant durabilité environnementale, gouvernance locale et création d’emplois, il contribue à une transition juste au bénéfice des populations les plus vulnérables.
Une approche territoriale au service de la justice sociale et environnementale
Fondée sur l’égalité des droits et l’accès de toutes et tous au progrès économique et social, la justice sociale trouve un levier concret dans la gestion durable des ressources naturelles. En Afrique australe, les écosystèmes fournissent des services essentiels — sécurité alimentaire, accès à l’eau, fertilité des sols — tout en constituant une source d’activités économiques pour les territoires. L’approche développée par Conservation International depuis 2020, fondée sur les accords de conservation, s’inscrit dans cette dynamique en liant protection des écosystèmes, participation communautaire et partage des bénéfices.
Mis en œuvre dans 4 pays d’Afrique australe dans le cadre du partenariat Conservation International-AFD-FFEM, le projet, mis en oeuvre par Conservation Lower Zambezi, accompagne des populations vulnérables et éloignées des services publics dans le développement d’activités économiques durables. Sur les rives du Zambèze, la composante dédiée à la pêche artisanale raisonnée facilite l’accès au marché pour des producteurs engagés dans la préservation des ressources halieutiques, renforçant ainsi la justice sociale et environnementale.
Le FFEM soutient plus particulièrement la mise en place d’un système de cogestion transfrontalière de la pêche dans la zone de conservation du Bas-Zambèze, entre la Zambie et le Zimbabwe. Ce modèle repose sur des incitations concrètes et un accompagnement technique permettant aux communautés d’adopter des pratiques adaptées à leurs réalités socio-économiques.
« En soutenant la cogestion durable de la pêche dans le Bas-Zambèze, le FFEM en partenariat avec Conservation International démontre que la préservation de la biodiversité peut être un puissant levier de justice sociale. Ce projet permet de sécuriser les moyens de subsistance, de renforcer les droits d’usage des communautés locales et de générer des opportunités économiques durables, tout en protégeant des écosystèmes dont ces communautés dépendent directement. » Emmanuel Fourmann, responsable projet FFEM
Des résultats significatifs et des actions concrètes au cœur des territoires
Depuis son lancement, le projet a déjà enregistré des résultats significatifs.
183 km de rivière font désormais l’objet d’accords de conservation impliquant 295 pêcheurs. Les capacités locales ont été renforcées avec la formation et la reconnaissance officielle de huit agents communautaires de suivi des pêches, qui mènent des patrouilles de sensibilisation, de collecte de données et de contrôle en lien avec l’administration. Des patrouilles conjointes permettent aujourd’hui une meilleure application de la réglementation, tandis que le suivi scientifique des activités de pêche est assuré en partenariat avec l’Institut national de recherche.
La transition vers des pratiques durables se traduit également par des actions concrètes : près de 20 kilomètres de filets de pêche illégaux ont été retirés des eaux et remplacés par des équipements conformes, bénéficiant directement à 64 pêcheurs. Par ailleurs, deux zones de gestion des pêches ont été officiellement classées en Zambie, une avancée majeure vers la cogestion durable, dont le lancement sera annoncé le 16 mars 2026 en présence du Ministre des Pêches et de l’Élevage et de l’Ambassade de France.
Au-delà du secteur halieutique, l’approche territoriale soutient directement les moyens de subsistance : huit entreprises horticoles locales bénéficient d’infrastructures, de formations, d’un appui des services publics et d’un accès facilité aux marchés. Le projet contribue également à l’évolution du cadre national à travers la révision de la législation sur la pêche, tandis que son extension au Zimbabwe est engagée avec la mobilisation d’un partenaire local et le démarrage du travail avec les communautés.
Les objectifs sont de protéger la diversité des espèces piscicoles essentielles à la sécurité alimentaire, de renforcer la résilience économique face aux changements climatiques et de lutter contre la pauvreté en garantissant un accès plus équitable aux ressources naturelles et aux bénéfices de la conservation.
En plaçant les communautés locales au cœur de l’action, "Entreprises Pro Nature" répond aux recommandations internationales en faveur d’approches territoriales intégrées et offre des enseignements précieux sur la manière dont acteurs publics, communautés et secteur privé peuvent collaborer pour une gestion inclusive des ressources naturelles.
Grâce au soutien de Conservation International, de l’AFD et du FFEM, cette initiative démontre que la préservation des écosystèmes peut devenir un véritable moteur de justice sociale et de développement durable pour les populations les plus vulnérables.
En savoir + sur le projet
Pêche durable dans la Zone Transfrontalière de Conservation du Bas-Zambèze (Pro Nature)
Le projet Pro Nature vise à concilier préservation de la biodiversité et bénéfices socio-économiques aux communautés locales au travers d’accords de conservation, notamment pour la pêche durable, dans...
- Quand ?
-
2022 - 2027
État
En cours
- Thème
- Biodiversité, Ecosystèmes aquatiques
- Localisation
- Afrique du Sud, Botswana, Zambie, Zimbabwe
- Co-financeurs
- Agence Française de Développement (AFD), Conservation International