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Lutter contre la pollution plastique : prévenir à la source pour transformer durablement les pratiques
Publié le
Chaque année, plus de 400 millions de tonnes de plastique sont produites dans le monde, dont une grande partie devient rapidement des déchets (source ONU). Face à cette urgence environnementale et sanitaire, la Journée internationale du zéro déchet rappelle la nécessité de transformer nos modes de production et de consommation.
Dans ce contexte, le FFEM défend une conviction forte : la réponse la plus efficace à la pollution plastique consiste d’abord à prévenir la production des déchets, avant même d’en améliorer la gestion.
Une initiative régionale ambitieuse pour lutter contre la pollution plastique
Pour concrétiser cette approche, le FFEM et le Secrétariat des Conventions de Bâle, Rotterdam et Stockholm (BRS) ont signé un accord de financement d’un montant de 2 millions d’euros. Ce projet régional vise à lutter contre la pollution plastique au Cap-Vert, au Sénégal et plus largement en Afrique de l’Ouest francophone.
Il accompagne les pays partenaires dans :
- La mise en œuvre des amendements de la Convention de Bâle
- La préparation du futur traité international sur la pollution plastique ;
- La contribution aux Objectifs de développement durable à l’horizon 2030.
Une approche globale, de la prévention à la gestion durable
Le projet repose sur une approche intégrée de la gestion des déchets plastiques articulée autour de 5 axes complémentaire :
- La promotion active de la réduction à la source ;
- Le renforcement du contrôle des mouvements transfrontaliers ;
- La gestion écologiquement rationnelle des déchets plastiques ;
- La sensibilisation des acteurs publics et privés ;
- Le suivi et l’évaluation des résultats
L’objectif est clair : réduire durablement la production de déchets plastiques, limiter leur dispersion dans l’environnement et améliorer leur gestion, tout en luttant contre les trafics illicites.
Cette démarche s’inscrit pleinement dans l’approche One Health, qui met en lumière les liens étroits entre santé humaine, animale et environnementale. Prévenir les pollutions, notamment plastiques, devient ainsi un levier essentiel pour réduire les risques sanitaires globaux. Ces enjeux seront au cœur des discussions lors du prochain sommet One Health à Lyon les 6 et 7 avril 2026 qui réunira acteurs publics, scientifiques et techniques, acteurs privés, société civile et organisations internationales autour des enjeux sanitaires, environnementaux et climatiques.
La pollution plastique est l’une des manifestations les plus visibles de notre incapacité à tirer pleinement parti des avantages d’un produit aussi polyvalent. En adoptant une approche fondée sur le cycle de vie, des initiatives mondiales telles que « Zéro déchet » renforcent l’action de la Convention de Bâle en matière de réduction et de gestion écologiquement rationnelle des déchets plastiques. Grâce au projet FFEM-BRS Plastique mis en œuvre au Sénégal et au Cap-Vert, nous pouvons démontrer que, grâce à un engagement fort des gouvernements, à l’intervention publique et à l’action sur le terrain du secteur privé, nous pouvons débarrasser notre planète du fléau de la pollution plastique.
Des solutions concrètes testées sur le terrain et reproductibles à grande échelle
Les projets pilotes mis en œuvre dans ces pays visent à tester et développer des solutions innovantes permettant à la fois de réduire la production de déchets, d’améliorer leur gestion mais aussi de promouvoir des modèles circulaires.
Au Cap-Vert et au Sénégal, les interventions ciblent en priorité les principales sources de déchets plastiques, notamment les emballages, les bouteilles et, au Sénégal, les sachets d’eau.
Des projets pilotes innovants sont déployés pour tester des solutions concrètes, parmi lesquelles :
- Réduction des plastiques dans les hôtels et restaurants (Cap-Vert) ;
- Mise en place de systèmes de consigne pour les bouteilles PET (Cap-Vert et Sénégal) ;
- Installation de distributeurs d’eau pour remplacer les sachets plastiques (Sénégal) ;
- Recyclage des filets de pêche (Cap-Vert et Sénégal) ;
- Transformation des déchets plastiques en mobilier scolaire (Sénégal) ;
- Développement d’écoles sans plastique » (Cap-Vert et Sénégal) ;
- Promotion de sacs réutilisables produits localement (Cap-Vert) ;
- Opérations de nettoyage et de science citoyenne sur les plages.
Ces initiatives mobilisent un large éventail d’acteurs – secteur privé, société civile, collectivités, monde académique – et visent à démontrer que des solutions à la fois efficaces, viables et reproductibles peuvent être mises en œuvre à grande échelle.
Le FFEM est très heureux de travailler aux côtés des gouvernements du Cap Vert et du Sénégal, du Secrétariat des Conventions de Bâle, Rotterdam et Stockholm et de l’ensemble des parties prenantes pour la mise en œuvre de ce projet. Ce partenariat reflète l’engagement de la France à soutenir les actions visant à protéger la santé humaine et l’environnement contre les effets néfastes de la pollution plastique et des déchets générés. Le projet contribue à renforcer le leadership régional pour la réduction de la pollution plastique à la source et la mise en œuvre de la convention de Bâle. En démontrant des solutions innovantes, évolutives et économiquement viables pour mettre fin à la pollution plastique, il servira de modèle pour une mise en œuvre plus large à travers l’Afrique, ainsi que dans d’autres régions.
Réduire à la source : un levier clé pour des systèmes alimentaires durables
La Journée internationale du zéro déchet met l'accent cette année sur l'alimentation : ce que nous mangeons, ce que nous gaspillons et comment nous pouvons évoluer vers un avenir circulaire. Or, la pollution plastique est étroitement liée aux systèmes alimentaires, notamment à travers les emballages, la distribution et la conservation des denrées.
Agir à la source permet :
- De limiter les déchets liés à l’alimentation ;
- De réduire le gaspillage ;
- De préserver les ressources naturelles.
Cela passe par des pratiques comme :
- L’éco-conception des emballages ;
- La réduction des usages uniques ;
- L’optimisation des circuits de distribution.
Passer de l’alerte à l’action
Entre 19 et 23 millions de tonnes de déchets plastiques se déversent chaque année dans les écosystèmes aquatiques et, sans action urgente, ce chiffre devrait augmenter de 50 % d'ici 2040 (ONU). Face à cette dynamique, l’enjeu n’est plus seulement d’alerter, mais d’agir.
Des solutions existent déjà, mais leur déploiement à grande échelle nécessite :
- Une mobilisation collective ;
- Des politiques publiques ambitieuses ;
- Un soutien accru à l’innovation.
En démontrant des modèles concrets, reproductibles et économiquement viables, le projet FFEM-BRS contribue à ouvrir la voie vers un avenir sans pollution plastique, plus durable pour les générations futures.
Découvrez le projet
Gestion des déchets plastiques, conforme à la Convention de Bâle
En accord avec les principes de la Convention de Bâle, le projet soutenu par le FFEM vise une meilleure protection de la santé humaine et de l’environnement contre les effets néfastes des déchets pla...
- Quand ?
-
2025 - 2028
État
En cours
- Thème
- Cycle de vie des produits, pollution et déchets
- Localisation
- Cap Vert, Sénégal
- Co-financeurs
- CRCBS-AF, Ministère de l'Environnement et du Développement Durable (MEDD) du Sénégal, Ministerio de Agricultura e Ambiente du Cap Vert, Norad, NREF, UE